Chicoutimi, le 14 nov. 1990
Mon cher neveu,
Merci pour ta lettre, la seule que j'ai reçue commentant mon livre.
Tu l'interprètes selon ce qui te touches, toi, et l'exprime bien. C'est évident que tu as "des lettres" et cette facilité d'exprimer tes sentiments.
Ma réalisation, guidée par des professeurs, est d'abord une oeuvre littéraire, destinée à accompagner une série de tableaux illustrant la vie d'une pensionnaire au couvent d'où l'inclusion des moniales augustines de la série "Couvents de ma mémoire".
J'y exprime les sentiments que j'ai vécus à cette époque de ma vie mais aussi les idées glanées au cours de mes conversations avec mes amies ayant reçu l'éducation dans les couvents. Exemple : la leçon de piano. La 1ère partie est de moi, la 2è est inspirée par les souvenirs d'une amie, la 3è, de Madeleine ma soeur. Moi, je n'ai pas appris le piano.
Le premier brouillon de "la lettre" a été critiqué par Yvonne. "C'est Claire que j'ai représentée sur le tableau, c'est à elle que papa avait écrit" me dit-elle. J'ai donc refait entièrement ce texte en imaginant vivre le personnage de Claire.
C'est ainsi sur la Couventine qui parle n'est pas nécessairement moi. Les oeuvres littéraires ne sont pas toujours autobiographiques.
Trois textes sont vraiment "miens" : la leçon de français, évasion et le retour au pensionnat. À mon idée, ils sont les plus réussis.
Tu interprètes bien mes liens avec la ferme de mon père et cele de Jean Charles, les deux hommes que j'ai le plus aimés, leur trouvant maintes similitudes.
Jean, continue de t'exprimer par l'écriture, tu en as le talent.
Bonjour ! Merci!
Cécile.
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